Pourquoi s'offusquer du don d'un dictateur à une école de samba ? | Courrier international

20 février 2015 15:07

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Les racines africaines de la samba constituent un thème récurrent dans les défilés du carnaval de Rio, et il n'y aurait strictement rien à y redire si la polémique n'avait éclaté "dans les principaux journaux étrangers", relate O Globo, à propos du sponsoring à hauteur de 3 millions d'euros de l'école de samba Beija Flor par la Guinée équatoriale, via son président en personne, Teodoro Obiang. Le spectacle donné par cette école rendait en effet un hommage appuyé au pays africain avec un ballet exécuté par des artistes guinéens. Du fils de M. Obiang à l'ambassadeur de Guinée équatoriale et à quelques ministres, les dignitaires de ce pays ont d'ailleurs participé à la fête carioca.

S'offusquer d'un tel "hommage culturel au peuple guinéen", comme s'en explique l'école Beija Flor à la BBC, c'est pourtant se voiler la face sur une réalité qui existe depuis plus de quarante ans, estime le quotidien Di ário do Centro do Mundo. Pour sortir du lot et gagner leur place dans les défilés, les écoles ont multiplié les "hommages" tarifés dans leurs shows, tant à des marques de bière, de produits pour les cheveux ou de cacao qu'à des compagnies aériennes, mais aussi au défunt président du Venezuela Hugo Chávez. L'hebdomadaire Exame rappelle en effet qu'en 2006 ce dernier "avait versé quelques pétrodollars pour qu'une école danse à la gloire de la révolution bolivarienne".

Les écoles n'ont jamais été ennuyées par la justice pour ces contournements de l'esprit artistique qui régit a priori la conception des défilés, poursuit O Diário do Centro do Mundo. "Les écoles ne rendent pas de comptes" et ce ne sera probablement jamais le cas, conclut le journal. Et ce carnaval 2015 "ne sera pas le dernier pour Teodoro Obiang Nguema ni pour d'autres dictateurs qui voudront collaborer à cette si belle fête !"

Source: courrierinternational.com

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