Pourquoi le président Giorgio Napolitano démissionne-t-il ? | Courrier international

14 janvier 2015 09:54

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Pourquoi le président Giorgio Napolitano démissionne-t-il ? | Courrier international

Si le président de la République démissionne, c'est d'abord parce qu'il est vieux. Vieux, las et fatigué. Giorgio Napolitano aura 90 ans en juin prochain. "J'ai touché du doigt, a-t-il déclaré, le poids de l'âge et des difficultés croissantes" qu'implique le travail de président de la République, rapporte le Corriere della Sera.

C'était à contrecœur qu'il avait accepté le second mandat (fixé à sept ans) que les députés italiens lui avaient confié le 20 avril 2013 faute d'avoir pu s'entendre sur un autre nom et à l'issue d'un pathétique psychodrame politique. C'était la première fois qu'un président de la République signait pour un second mandat. Déjà, à l'époque, Napolitano disait avoir "tout donné". Depuis, il n'a jamais caché sa volonté de s'en aller avant la fin de son mandat – même si le rôle d'un président de la République en Italie est avant tout honorifique.

Bien que très court, celui-ci aura été particulièrement mouvementé, notamment à cause de la double crise économique et politique qu'affronte l'Italie. En octobre dernier, Napolitano aurait aussi très mal vécu d'être appelé comme témoin dans le procès dit de la "trattativa Stato-Mafia" au sujet des négociations entre l'Etat et la Mafia au début des années 1990.

Avant de quitter le pouvoir, Napolitano a adressé deux recommandations au gouvernement. "Faites en sorte que ma démission ne ralentisse pas ni ne bloque les réformes" [notamment les réformes institutionnelles sur le mode de scrutin et la fin du bicamérisme], a-t-il déclaré avant d'appeler de ses vœux un remplaçant "de haut rang, un homme politique doté d'une grande expérience institutionnelle", rapporte La Repubblica.

Mercredi, aux alentours de 11 heures, le "roi Giorgio" signera donc sa lettre de démission. Celle-ci sera transmise aux présidents de la Chambre et du Sénat ainsi qu'au chef du gouvernement, Matteo Renzi. "Puis les procédures formelles débuteront au Quirinal [la résidence des présidents de la République]", rapporte Il Sole-24 Ore. "Il y aura probablement une cérémonie publique dans la cour d'honneur et il recevra les honneurs militaires. Puis vers midi, il quittera le palais et rentrera chez lui."

C'est le président du Sénat, Pietro Grasso, qui assumera les fonctions du président de la République jusqu'à l'organisation de l'élection par le gouvernement. En Italie, le président de la République est élu au suffrage universel indirect par des grands électeurs réunis en session extraordinaire : les membres de la Chambre des députés, du Sénat et des représentants des régions. Matteo Renzi a annoncé qu'il souhaitait organiser le scrutin rapidement, fin janvier, pour avoir un nouveau président le 1er février.

Dans les couloirs des palais de la République, plusieurs noms circulent déjà, parmi lesquels celui de Romano Prodi qui s'était déjà présenté en 2013, de Sergio Mattarella, ancien juge de la Cour constitutionnelle, de Pier Carlo Padoan, ministre de l'Economie du gouvernement Renzi, d'Ignazio Visco, gouverneur de la Banque d'Italie, ou encore de Walter Veltroni, qui fut maire de Rome.

Source: courrierinternational.com

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