Comment la population perçoit-elle la corruption?

5 mars 2015 16:04

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Comment la population perçoit-elle la corruption?

En 2014, "la petite corruption", "réel fléau qui ronge l’administration", a causé à la Tunisie une perte de 450 millions de dinars, soit l’équivalent du coût d’une cinquantaine de kilomètres d’autoroute, révèle l'étude.

Qui profite de la petite corruption? En général, c'est un agent public dans une administration, ayant une relation directe avec le citoyen et qui demande de petites sommes d’argent ou des faveurs en échange de ses services: commissions, rétributions et pistons sont les principales manifestations de ce genre de corruption.

L'ATCP a analysé des données collectées durant quatre semaines en collaboration avec un institut de sondages.

Il s'agit de plusieurs questionnaires soumis à un échantillon représentatif de la population, afin d'avoir une idée sur la perception subjective de la corruption par les tunisiens.

"Il existe aujourd’hui une opinion communément admise chez les tunisiens: Ils trouvent que si la corruption ayant sévi pendant le règne de Ben Ali s’est rétrécie, la petite corruption est en train de se propager au point de devenir une fatalité socioculturelle qu’il est impossible d’éradiquer", indique l'étude.

Mais même s'ils sont conscients que la petite corruption est à l’origine du développement de la criminalité, du terrorisme et de la détérioration du pouvoir d’achat, 70 % des tunisiens reconnaissent qu'elle peut être un moyen facilitant les transactions quotidiennes.

Les personnes interrogées proposent plusieurs solutions pour combattre la corruption, d'après leur expérience personnelle: L'application de la loi, l’instauration de mécanismes de contrôle, l'amélioration des conditions de travail, la poursuite des malfaiteurs en justice et la mise en place de campagnes de sensibilisation.

L'association offre aussi des recommandations aux médias, dont l'indépendance est importante pour la lutte contre la petite corruption, selon l'enquête.

Les médias doivent faire preuve d’objectivité et d’originalité, se démarquer des tractations politiques et veiller à ne pas être des antichambres de "l’anticorruption business".

D'après une autre étude, celle de Global Financial Integrity, la corruption en Tunisie coute cher. En effet, elle est estimée à 2 % du PIB, soit 1,2 milliards de dollars par an durant la période entre 2000 et 2008 (environ 110 dollars par habitant).

Source: huffpostmaghreb.com

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