Pari réussi pour le spinoff de "Breaking Bad"

9 février 2015 08:48

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Pari réussi pour le spinoff de "Breaking Bad"

SÉRIES TV – C'était en septembre 2013. Breaking Bad tirait sa révérence avec un final grandiose, apportant ainsi une digne conclusion à ses cinq saisons mais laissant les fans orphelins d'une série considérée comme l'une des meilleures jamais créées.

Devant l'emballement médiatique et les succès d'audience des derniers épisodes, AMC — la chaîne américaine qui diffusait les mésaventures de Walter White — et Vince Gilligan — le créateur du programme — annonçaient alors officiellement travailler sur une série dérivée.

Le HuffPost a pu visionner ses deux premiers épisodes, qui seront diffusés respectivement les 8 et 9 février sur AMC aux États-Unis, et vous livre ci-dessous ses premières impressions sur les débuts de cette déclinaison de l'univers de Breaking Bad particulièrement attendue au tournant.

La série, qui se voit offrir un lancement en grande pompe avec une première diffusion étirée sur deux soirs d'affilée, suit Jimmy McGill, un avocat croulant sous les dettes, incapable de trouver des clients mais plein de bonne volonté.

Optimiste, il ne se laisse pas décourager par le fait qu'il soit forcé de vivre chez son frère ainé, associé dans l'un des cabinets d'avocat les plus prestigieux de la ville mais atteint d'une maladie qui l'empêche de mener une vie normale, ni à la vue des locaux sordides qui lui servent de cabinet.

Le fantasque et corrompu défenseur qui se fera connaître sous le pseudonyme de Saul Goodman semble bien loin quand débute le premier épisode. Mais les téléspectateurs n'ont pas à attendre longtemps avant d'assister aux prémices de sa transformation: inspiré par deux escrocs en herbe, il décide d'élaborer une arnaque censée lui permettre de récupérer facilement des clients.

Une initiative qui va avoir un effet d'engrenage inattendu et particulièrement prometteur pour le public mais sacrément périlleux pour le héros de la série.

Ce chemin qui se dessine devant Jimmy McGill n'est pas sans rappeler celui d'un certain... Walter White. Ce dernier menait en effet une vie pour le moins banale avant d'apprendre qu'il était atteint d'un cancer en phase terminale et qu'il se transforme lentement en monstre prêt à tout pour produire et revendre de la méthamphétamine afin mettre sa famille à l'abri du besoin au moment de sa mort.

Les similitudes avec la série ne s'arrêtent pas là. On retrouve bien évidemment la patte de Vince Gilligan — créateur de Breaking Bad et co-créateur de Better Call Saul — qui a écrit et réalisé le premier épisode du spinoff. Visuellement, avec des scènes dans le désert ou des plans subjectifs, mais aussi dans le rythme.

Comme pour Breaking Bad, la patience est en effet de mise: la langueur et la longueur de certaines scènes ne plairont peut-être pas de prime abord à certains novices de cet univers mais les habitués sauront que chaque lenteur est généralement récompensée par un dénouement dont la force est proportionnelle à "l'ennui" sciemment instillé.

Mais il n'y a pas que dans les détails techniques que les deux fictions se rejoignent. Sans être pesants pour les téléspectateurs qui ne connaissent pas Jesse Pinkman et Walter White, les clins d'œil ne sont pas rares. L'épisode pilote commence, par exemple, après le final de Breaking Bad et l'on découvre en noir et blanc la triste vie de Saul Goodman telle qu'il l'avait imaginée — avec humour — dans l'avant-dernier épisode. Deux personnages secondaires marquants refont aussi surface, dont Mike Ehrmantraut.

L'ambiance et les clins d'œil ne font cependant pas tout et ne permettront pas, à eux seuls, de porter Better Call Saul sur la longueur. Ils sont pourtant accueillis avec plaisir par les fans de Breaking Bad car ils permettent d'abandonner en douceur l'idée que ce spinoff allait faire office de "suite".

Car il ne s'agit pas de prolonger Breaking Bad mais d'explorer un de ses personnages secondaires. À l'image de Jimmy McGill/Saul Goodman, l'humour prend notamment davantage de place dans cette fiction. Sans pour autant en faire une comédie: si l'insolite et le ridicule viennent de temps en temps briser la tension, les rebondissements n'en sont pas moins dramatiques.

C'est d'ailleurs dans cet aspect que réside toute la force de la série. S'il est difficile d'imaginer après seulement deux épisodes la direction que prendra Better Call Saul, le potentiel que représente le personnage principal ne fait pas de doute. L'avocat aura les épaules assez larges pour porter le spinoff, tout comme son interprète Bob Odenkirk qui excelle dans le rôle.

Source: huffpostmaghreb.com

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