L'élimination de la Tunisie fait ressurgir le racisme anti-noirs, appels à la pénalisation des discriminations

1 février 2015 19:04

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L'élimination de la Tunisie fait ressurgir le racisme anti-noirs, appels à la pénalisation des discriminations

Opposée à la Guinée équatoriale, pays hôte de la Coupe d'Afrique des Nations 2015, l'équipe nationale de Tunisie s'est inclinée samedi en quart de finale.

Les aigles de Carthage menaient d'un but en seconde mi-temps avant que la Guinée équatoriale n'égalise à la faveur d'un penalty controversé. Les équato-guinéens marquent ensuite le but de la qualification en prolongations, sur un coup franc.

La prestation de l'arbitre, jugée favorable à la Guinée équatoriale, a fait couler beaucoup d'encre et les critiques se sont multipliées sur la toile tunisienne.

En plus du sentiment d'injustice exprimé par des milliers d'internautes, notamment sur twitter avec le hashtag "Je suis Tunisie" (en référence à "Je suis Charlie"), les attaques racistes contre les "Africains" et les "noirs" se sont multipliées sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes évoquant une bataille entre les "Maghrébins" et les "Africains" (subsahariens).

Mais plusieurs témoignages ont également fait état de scènes de violence et d'agressions à l'encontre de ressortissants subsahariens.

Le journaliste Thameur Mekki a entre autres rapporté le cas d'un "jeune noir" tabassé par des Tunisiens à la sortie d'un café.

"J’ai soutenu l’équipe tunisienne. Et à la sortie de ce café, on a voulu me dépouiller. Et je ne suis pas équato-guinéen! Est-ce qu’on attaquerait des Italiens pour un problème avec les finlandais?", a-t-il déclaré.

L'Association des étudiants et stagiaires africains en Tunisie a mis en garde contre ces attaques, enjoignant les ressortissants subsahariens (appelés "communautaires"), à ne pas sortir de chez eux.

Réagissant à ces agressions, l'Association tunisienne de soutien des minorités a appelé à l'adoption d'une loi pénalisant les "discriminations sous toutes ses formes", dénonçant des "pratiques honteuses".

L'ATSM a en ce sens appelé les députés à "assumer leur responsabilité", condamnant l'impunité face à ces "propos" et ces "actes".

Source: huffpostmaghreb.com

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