Le journaliste belge qui voulait débattre d'un titre échappe de justesse au renvoi | Courrier international

14 janvier 2015 11:23

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Le journaliste belge qui voulait débattre d'un titre échappe de justesse au renvoi | Courrier international

Le 9 janvier, la double prise d'otages s'achevait par la mort de quatre personnes au magasin Hyper Cacher de Paris, ainsi que celle des trois terroristes présumés. Le lendemain, les quotidiens régionaux du groupe Sudpresse, qui paraissent en Belgique francophone, marquaient l'événement avec des unes noires et les photos des trois hommes accompagnées de la mention : “Chérif Kouachi (32 ans) ; assassin, terroriste : ABATTU. Saïd Kouachi (34 ans) ; assassin, terroriste : ABATTU. Amédy Coulibaly (32 ans) ; assassin, terroriste : ABATTU”. Juste en dessous, en grosses lettres jaunes et blanches, le titre : “Justice est faite”.

Un choix qui “pose question”, a estimé Xavier Lambert, journaliste à Sudpresse et chef de l'une des éditions, qui a fait part de son ressenti à ses collègues éditeurs dans un mail interne, et proposait que le sujet soit discuté en collège, entre éditeurs et rédaction en chef. "Il n’a pas fallu longtemps, relève La Libre Belgique, pour que cette proposition aboutisse dans la boîte mail de Michel Marteau, l’omnipotent rédacteur en chef de Sudpresse", qui a convoqué Xavier Lambert dès ce 13 janvier. Xavier Lambert a "vite compris pourquoi, raconte L'Avenir, l'autre quotidien régional. C’était la porte. Seules les modalités du départ restent, plus ou moins, à discuter. [...] Pour le rédacteur en chef de Sudpresse, la protestation de son chef d’édition contre ce choix de titre relevait non pas de la 'liberté d’expression' mais, ni plus ni moins, d’une 'tentative de soulèvement de la rédaction' et entraîne, pour lui, une 'rupture de confiance'."

L'Association belge des journalistes professionnels (AJP) a annoncé que, si nécessaire, elle "assignera Sudpresse pour licenciement abusif". Une pétition et une page Facebook de soutien ont vu le jour. Quand à L'Avenir, il observe que "moins de quarante-huit heures après la marche historique à Paris pour la liberté d’expression [...], l’affaire a de quoi faire sursauter".

Source: courrierinternational.com

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