Grèce: la proposition de Tsipras bien accueillie par les créanciers, approuvée par le parlement grec (EN DIRECT)

11 juillet 2015 18:12

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Grèce: la proposition de Tsipras bien accueillie par les créanciers, approuvée par le parlement grec (EN DIRECT)

Le parlement grec a donné samedi 11 juillet dans la nuit son feu vert au gouvernement d'Alexis Tsipras pour négocier un nouveau plan d'aide sur la base de propositions "loin" de ses promesses de campagne, mais bien accueillies par les créanciers. Le Parlement a largement approuvé, par 251 voix pour (sur un total de 300) cette proposition, qui reprend dans les grandes lignes ce que souhaitaient les créanciers et a fait renaître l'espoir qu'un accord puisse être conclu pour permettre le maintien du pays dans la zone euro.

Vendredi dans la soirée, une source européenne avait révélé que les trois institutions créancières (UE, BCE, FMI) jugeaient la proposition d'Athènes "positive", et constituant "une base de négociation" en vue d'un troisième plan d'aide au pays d'un montant de 74 milliards d'euros. Exactement au même moment, Alexis Tsipras était devant le Parlement, appelant les députés de tous bords à un vote de "haute responsabilité" et à l'autoriser à négocier ce plan.

Le Premier ministre grec a reconnu que le gouvernement avait fait "des erreurs", que le plan était "très éloigné" des promesses de Syriza, mais qu'il était finalement le meilleur possible. Les concessions du gouvernement ont d'ailleurs provoqué plusieurs défections dans les rangs de la gauche radicale puisque huit députés Syriza se sont abstenus, deux ont voté contre et sept étaient absents lors du vote, dont l'ex-ministre des Finances Yanis Varoufakis.

La proposition doit être examinée samedi par les ministres des Finances de la zone euro, l'Eurogroupe, avant de déboucher dans le meilleur des cas sur "un accord politique", avant un sommet extraordinaire des 28, dimanche, qui pourrait relancer officiellement les négociations. Il s'agira d'étudier le document publié dans la nuit de jeudi à vendredi, et dans lequel, moins d'une semaine après avoir fait voter non à 61% par la population sur un texte très proche, Athènes s'engage à adopter une grande partie des mesures proposées par les créanciers.

Nicolas Sarkozy participera au sommet du Parti populaire européen (PPE) dimanche à Bruxelles, a indiqué son parti, Les Républicains, alors qu'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement est prévu dimanche pour trouver un moyen de sauver la Grèce sur le plan financier.

L'ancien président de la République avait estimé, dans un entretien au Monde, que la Grèce s'était "suspendue elle-même de la zone euro", quelques jours avant le référendum organisé par Athènes. Sarkozy a ensuite déclaré cette semaine, lors d'une interview à TF1, que "tout (devait) être fait pour trouver un compromis" visant au maintien de la Grèce dans la zone euro.

Le journal FAS rapporte que le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a rejeté les propositions grecques et proposé une sortie temporaire du pays de la zone euro : un Grexit de 5 ans, avec une aide humanitaire pour faciliter le procédé.

L'Allemagne envisage en fait une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, d'une durée de cinq ans, si le pays n'améliore pas ses propositions de réformes, a indiqué une source européenne à l'AFP, même si le sujet n'a pas été abordé samedi lors d'une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles.

"Il y a deux alternatives: soit une amélioration des propositions, ou un 'Grexit' temporaire", a affirmé cette source, citant un document de préparation allemand en circulation, mais qui n'a "pas été distribué" samedi aux ministres des Finances de la zone euro.

Les négociations au sein de la zone euro pour accorder un nouveau plan d'aide à la Grèce et lui éviter de sortir de l'euro vont "être extrêmement difficiles", a mis en garde le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée à une réunion cruciale à Bruxelles.

"Nous allons avoir des négociations extrêmement difficiles", a affirmé samedi M. Schäuble, connu pour être partisan d'une ligne très dure vis-à -vis d'Athènes.

La réunion samedi des ministres des Finances de la zone euro sera "très difficile" car les réformes présentées par le gouvernement grec "ne suffisent pas" pour envisager un accord sur une reprise de l'aide internationale à Athènes, a affirmé le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

"Le principal problème est la confiance" entre la Grèce et ses partenaires européens, a déclaré Dijsselbloem à son arrivée à cette réunion, cruciale pour le maintien de la Grèce dans la zone euro.

Plusieurs gouvernements européens "ont de sérieux doutes" sur l'engagement d'Athènes, a affirmé samedi après-midi le secrétaire d'Etat aux Finances néerlandais Eric Wiebes, peu avant la réunion de l'Eurogroupe consacrée au plan grec.

"Plusieurs gouvernements, dont le mien, ont de sérieux doutes sur l'engagement du gouvernement grec et sur sa capacité à mettre en œuvre" les réformes proposées, a déclaré Eric Wiebes à son arrivée à une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles qui pourrait être décisive pour l'avenir de la Grèce dans la zone euro.

La mise en œuvre rapide de réformes en Grèce est "la clé de tout" pour parvenir à un accord qui permette d'assurer la survie financière de la Grèce, a estimé samedi le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici.

"Il faut des réformes mises en œuvre rapidement (en Grèce, ndlr), c'est la clé de tout (...) pour débloquer un programme, pour traiter la question de la dette", a déclaré M. Moscovici à son arrivée à une réunion des ministres des Finances de la zone euro cruciale pour l'avenir de la Grèce.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a déclaré attendre "beaucoup de progrès" en vue du déblocage d'un nouveau programme d'aide à la Grèce, susceptible d'éviter une sortie du pays de la zone euro, à son arrivée samedi à Bruxelles pour une réunion décisive des ministres des Finances de la zone euro.

"Nous sommes ici aujourd'hui pour faire beaucoup de progrès", a affirmé Mme Lagarde, alors que l'Eurogroupe doit rendre un avis sur les nouvelles réformes proposées par le gouvernement grec en échange d'un troisième programme d'aide internationale.

Près de six français sur dix (59%) estiment que le Premier ministre grec Alexis Tsipras va gagner son bras de fer avec l’Union européenne en obtenant que la Grèce demeure dans la zone euro à des conditions plus favorables que prévu, dans un sondage Odoxa pour CQFD sur i>télé et Le Parisien samedi. 39% des personnes interrogées pensent le contraire.

"C’est cette admiration du cynisme politique du personnage qui incite une majorité de Français et même une majorité de sympathisants de droite — 54 % contre 44 % — à estimer que Tsipras va gagner son pari", souligne dans le journal, Gaël Sliman, président d’Odoxa.

Dans ce même sondage, plus de la moitié des Français, 66 %, préfèrent la chancelière allemande Angela Merkel à Tsipras, 32%. Angela Merkel obtient un véritable plébiscite auprès des sympathisants de droite, 85 % contre 49 % à gauche, souligne le quotidien.

L'Allemagne veut que la Grèce soit évincée de l'union monétaire pour intimider la France et lui faire accepter "son modèle d'une zone euro disciplinaire", estime samedi l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, veut une sortie de la Grèce de la zone euro - ou Grexit - pour "mettre les choses au clair, d'une façon ou d'une autre", écrit Varoufakis dans le journal britannique The Guardian.

"Ma conviction est que le ministre allemand des Finances veut que la Grèce soit évincée de la monnaie unique pour susciter une crainte de tous les diables chez les Français et leur faire accepter son modèle d'une zone euro disciplinaire."

"Schäuble est convaincu qu'en l'état actuel des choses, il lui faut un +Grexit+ pour mettre les choses au clair, d'une façon ou d'une autre", poursuit Varoufakis, qui a démissionné lundi.

Le Parlement grec a donné dans la nuit de vendredi à samedi son feu vert à la proposition d'accord soumise aux créanciers du pays par le gouvernement d'Alexis Tsipras, qui a cependant enregistré les défections de plusieurs députés de son parti, selon le décompte de l'assemblée.

Le Premier ministre, qui avait fait de ce vote un choix de "haute responsabilité nationale", a recueilli 251 votes positifs sur un total de 300 députés pour aller négocier samedi avec les créanciers du pays (UE, BCE, FMI) sur la base de la proposition qu'il a mise sur la table jeudi soir. Mais il a enregistré les défections de dix députés de son parti de gauche radicale Syriza qui se sont abstenus ou, pour deux d'entre eux, ont voté contre ce plan d'accord.

Parmi les huit abstentionnistes figurent trois personnalités de sa majorité: le ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis et le ministre délégué aux caisses d'assurance sociale Dimitris Stratoulis, de l'aile eurosceptique de Syriza, ainsi que la présidente du Parlement Zoe Konstantopoulou, troisième personnage de l'Etat.

Les créanciers de la Grèce (UE, BCE, FMI) qui ont examiné vendredi la nouvelle proposition soumise par le gouvernement d'Alexis Tsipras l'ont jugée "positive", y voyant "une base de négociation" en vue d'un troisième plan d'aide d'un montant de 74 milliards d'euros, a appris l'AFP de source européenne.

"Les trois institutions sont convenues de donner une évaluation positive à la proposition de réforme transmise hier (jeudi soir) par le gouvernement grec", a précisé cette source dans la soirée, au moment où le Parlement grec était en plein débat sur ce sujet avant un vote prévu dans la nuit.

Cette proposition, qui fait renaître l'espoir d'un accord évitant à Athènes la sortie de l'euro, sera examinée samedi par les ministres des Finances de l'union monétaire réunis à Bruxelles.

Toutefois, selon cette même source européenne, la réunion de l'Eurogroupe devrait déboucher "au mieux sur un accord politique", la décision de relancer les négociations avec Athènes incombant au sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement des 28 qui aura lieu dimanche à Bruxelles.

Le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos s'est dit confiant vendredi sur le fait que "beaucoup des demandes de la Grèce sur la dette vont être acceptées" par les créanciers, citant notamment un échange d'obligations entre la BCE et le Mécanisme européen de stabilité (MES) prôné de longue date par les Grecs.

Si cet échange des 27 milliards d'obligations grecques détenues par la BCE, dont une partie arrive à échéance cet été, est accepté par les créanciers, "nos échéances seront plus faciles à honorer", a assuré le ministre devant la commission parlementaire qui examine l'offre d'accord soumise jeudi soir par Athènes pour convaincre ses partenaires européens de reprendre leur financement du pays et de le garder dans la zone euro.

La Bourse de Francfort grimpait de plus de 3% en fin de séance vendredi, soutenue par l'optimisme des investisseurs quant à une résolution de la crise grecque.

La Bourse de Paris a terminé en forte hausse vendredi (+3,07%), se voulant optimiste quant aux chances d'un accord entre la Grèce et la zone euro durant le weekend, après des semaines d'incertitude.

La Bourse de Londres a terminé vendredi en nette hausse de 1,39%, grâce au rebond enregistré par la Bourse de Shanghai et aux nouveaux espoirs d'accord autour de la dette grecque.

La nouvelle proposition soumise par le gouvernement grec à ses créanciers constitue un "progrès", a déclaré vendredi le ministre des Finances de la Slovaquie, pays partisan de la ligne dure vis-à -vis d'Athènes au sein de la zone euro.

Source: huffpostmaghreb.com

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