Ebola ne doit pas faire oublier le paludisme | Courrier international

13 janvier 2015 09:36

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"L'épidémie d'Ebola a dévasté trois pays, semant ses graines de paranoïa à travers le globe. [...] A la catastrophe sanitaire engendrée par le virus vont s'en succéder d'autres – et notamment le paludisme, qui reste endémique et devient peu à peu un fléau", rappelle un éditorial du 7 janvier du quotidien britannique The Times, titré : "L'autre pandémie". Le virus et la peur qu'il a installée "ont non seulement détourné l'attention des autres maladies qui ravagent le Liberia, la Guinée et la Sierra Leone, mais il a aussi exacerbé leur impact". Alors que plus de 8 000 personnes sont mortes d'Ebola au cours des neuf derniers mois, plus de 7 000 personnes ont succombé au paludisme, précise le journal.

C'est d'autant plus rageant que la lutte contre le paludisme a des effets positifs sur la lutte contre Ebola, rappelle Nature. Début décembre, écrit la publication scientifique britannique, les personnels de santé ont distribué des traitements contre le paludisme à quelque 2,5 millions de personnes en Sierra Leone – une autre distribution est prévue pour la mi-janvier. L'idée est de réduire le nombre de cas alors que la maladie approche de son pic saisonnier. Et de réduire, par la même occasion, le nombre de gens présentant des symptômes pouvant être confondus avec Ebola. Mais les effets secondaires des traitements (nausée, fatigue, etc.) ont dissuadé les patients de prendre les médicaments.

Résultat, tout le terrain conquis au fil des ans sur le paludisme a été perdu, indique The Times, qui rappelle que ce fléau tue encore un demi-million de personnes en Afrique chaque année, et qu'il est la première cause de mortalité infantile.

Ce scénario catastrophe est précisément celui que décrivait The Guardian en octobre 2014. Le quotidien britannique consacrait un long reportage à Freetown, dans lequel il décrivait une capitale et un pays à bout de forces, qui devaient se préparer à vivre de nouvelles crises.

Il y a malgré tout une lueur d'espoir. Deux vaccins vont être testés en phase 3 (la dernière avant l'enregistrement et la mise sur le marché) au Liberia, fin janvier, puis en Guinée et en Sierra Leone en février. Et dans ce dernier pays, l'épidémie d'Ebola semble enfin marquer le pas en Sierra Leone. Même si 250 nouveaux cas ont été identifiés en une semaine, la propagation du virus pourrait enfin se ralentir, indique International Business Times. Reste que le pays est de loin le plus touché par cette épidémie, avec 9 772 cas recensés au 5 janvier 2015, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Source: courrierinternational.com

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