La BCE tape du poing sur la table face à Athènes | Courrier international

5 février 2015 14:55

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Le 4 février, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a pris tout le monde par surprise en annonçant dans la soirée la suspension du régime de faveur dont bénéficiaient les banques grecques. A compter du 11 février, celles-ci n'auront plus accès à un système de financement qui leur permettait d'acheter de la dette grecque grâce à des liquidités obtenues auprès de la BCE à des conditions favorables.

L'institut monétaire européen répond ainsi au gouvernement d'Alexis Tsipras qui a laissé entendre qu'il ne souhaitait plus travailler avec la troïka (BCE, FMI et Commission européenne). La décision prise par la BCE est, selon cette dernière, en accord avec les règles de l'eurosystème, "étant donné qu'il n'est pas possible à l'heure actuelle d'anticiper une issue positive" au programme d'aide internationale dont bénéficie la Grèce, et qu'Athènes souhaite renégocier. Le régime dérogatoire dont bénéficiait jusqu'à présent la Grèce se justifiait justement par l'existence de ce programme.

En tournée européenne, le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis avait rencontré plus tôt dans la journée le président de la BCE, Mario Draghi, rappelle Spiegel Online. A la suite de cet entretien, Varoufakis avait évoqué des "échanges fructueux", ajoutant qu'il se sentait "encouragé".

"La BCE pousse la Grèce dans ses retranchements", juge en Espagne El País. La décision de la BCE "oblige Tsipras à accepter les conditions des pays membres de la zone euro ou à couper les ponts", écrit le quotidien madrilène. "Le Premier ministre grec peut maintenant décider d’appuyer sur le bouton nucléaire : il peut rompre les négociations et provoquer un accident."

En Allemagne, Marcel Fratzscher, conseiller du gouvernement et président de l'institut allemand de l'économie DIW, déclare au Handelsblatt : "Comme on pouvait s'y attendre, on essaie d'instrumentaliser politiquement la BCE." Et l'économiste prévient : "Les citoyens et les investisseurs pourraient perdre confiance et retirer leurs fonds des banques grecques." Cela entraînerait la Grèce "dans une crise encore plus profonde".

Le ministère des Finances grec a de son côté renvoyé ses partenaires à leurs responsabilités. "La décision de la BCE pousse l'Eurogroupe [la réunion des ministres des Finances de la zone euro] à progresser rapidement vers la conclusion entre la Grèce et ses partenaires d'un accord qui bénéficie à chacun", estime-t-il dans un communiqué.

Source: courrierinternational.com

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