À la mémoire de la courageuse militante Jacqueline Guerroudj qui vient de nous quitter

21 janvier 2015 20:15

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À la mémoire de la courageuse militante Jacqueline Guerroudj qui vient de nous quitter

Toutes celles et tous ceux qui l’ont connue et approchée peuvent témoigner qu’elle était, comme l’a écrit notre camarade Abdelhamid Benzine [1], « le cœur et aussi la raison ». Il ajoute : « Ennemie de toutes les étroitesses sectaires, du mensonge et de la haine, elle servit la cause de l’Algérie indépendante et du progrès social. Sous tous les sigles : PCA-CDL-FLN-ALN ».

Mais sa prise de conscience, dit-elle, s’opéra en prenant connaissance des méfaits de Dolfuss, ce seigneur de la colonisation terrienne, propriétaire d’un immense domaine à Ismara et d’un aéroport privé. Ce Dolfuss exploitait à la fois les travailleurs espagnols et les ouvriers agricoles algériens mais maltraitait plus ces derniers auxquels il octroyait des salaires plus misérables.

Elle ajoute : « je ne me rappelle pas exactement quand j’ai adhéré au Parti communiste Algérien, mais c’était à cette époque. Mon adhésion coulait de source : elle était le fruit de mes premiers contacts avec la réalité coloniale qui m’obligeait à prendre position pour ne pas être complice ».

Et courageusement elle a participé aux nombreuses réunions et combats des groupes paysans communistes de la région d’Ifri et Ouchba à la veille de l’insurrection armée de 1954 dont nous venons de célébrer le soixantième anniversaire. C’est pour cette raison qu’elle a dédié son ouvrage « Des douars et des prisons » entre autres à nos camarades paysans pauvres d’Ifri, aux chouhada Tahar Gomri et Moussa Hillali. Elle le dédiera également à d’autres chouhada : à l’ouvrier Fernand Iveton, auquel elle avait remis la bombe qu’il devait placer à l’usine à gaz du Hamma pendant la guerre de libération, à un petit commerçant Mohamed Arezki Bennaceur, à deux intellectuels engagés Ahmed Inal et Taleb Abderahmane. Deux d’entre eux appartenaient au PPA-MTLD et les quatre autres au PCA. Mais tous les six avaient combattu et sont morts en tant que FLN pour l’indépendance du pays et leur rêve était de faire régner dans le pays la justice sociale dans le pays au lendemain de sa libération.

A ce propos Abdelhamid Benzine écrit de son ouvrage : « Elle nous parlera avec tendresse de ses frères et encore plus de ses soeurs de prison. Elle nous fait connaître et aimer ses femmes de l’ombre, hier héroïnes, aujourd’hui soumises à un infâme code de la famille qui en fait d’éternelles soumises ».

La lecture de son ouvrage « Des douars et des prisons », sa réédition et sa traduction en langue arabe et sa diffusion aussi large que possible sont nécessaires pour l’éducation des jeunes générations et l’organisation de leur combat afin que le rêve de toutes celles et de tous ceux qui se sont battus pour chasser le système colonial en le remplaçant par un système sans exploitation et sans oppression devienne une réalité comme l’espérait Jacqueline Guerroudj. Ce sera le meilleur hommage de fidélité que nous lui rendrons.

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme et la rédaction du Lien, en cette triste circonstance, présentent à Djillali son époux, à ses enfants et petits-enfants, leurs condoléances et leur expriment leur solidarité.

Source: alger-republicain.com

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