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Découvrez l'univers d'un café-chantant de Tunis de 1967, "Cafichanta" à travers "El maghroum Ejaded"

8 février 2018 09:18
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Découvrez l'univers d'un café-chantant de Tunis de 1967, "Cafichanta" à travers "El maghroum Ejaded"

Des chants populaires, des musiciens euphoriques, les déhanchements des danseuses et le portrait du président Habib Bourguiba en arrière-fond, le décor est planté pour nous faire replonger dans le Tunis des années 60, plus précisément 67-68, et ses cafés-chantants, appelés "Cafichanta".

Ce décor est celui de la pièce "El Maghroum Ejaded", une comédie musicale de Hedib Belhedi et Lassaad Ben Abdallah, qui se joue à la salle Le Rio, au centre-ville de Tunis.

Sept acteurs- Mariem Sayyeh, Fethi M'sselmani, Jamel Madani, Farhat Jdidi, Guissela Nafti, Hatem Ellijemi, Wajdi Borji- investissent la scène pour interpréter une fresque où se mélange un air de légèreté joviale avec une densité politique.

Sadok, un chevronné destourien de base, tient un café-chantant à Bab Souika. Mais il n'arrive plus à payer ses artistes, à cause du départ précipité de son épouse et de sa belle famille de confession juive dans la foulée de la guerre de six jours en 1967. Sadok tient, quand même, à assurer la saison du Ramadan 68, les répétitions s'interrompent constamment face à l'entêtement de l'un des musiciens à être payé. Les pauses sont des moments où les langues se délient pour parler politique, amour, argent. L'humour empreinte les discussions pour contourner les interdits ou les mettre en relief.

La pièce parle de la Tunisie de l'après-indépendance. À l'époque, le système des coopératives produisait ses limites, la liberté d'expression était scellée. En face, des pactes se formaient et se déformaient sur fond de cupidité, fidélité, couardise et arrivisme.

Le tout est prélude à ce qu'allait devenir la Tunisie: un pays verrouillé par l'autoritarisme. Le parti pris des auteurs de la pièce est visible; ils veulent relativiser le mythe autour de l'élite politique de l'époque.

La Tunisie demeure, malgré tout, joyeuse à travers ses mondanités. Les cafés-chantants sont archi-combles et le peuple est friand de spectacles. Les chants et la danse populaire tunisienne étaient un défouloir. Les chansons de l'un des pionniers de la chanson humoristique, Salah Khémissi étaient fredonnées dans les "Cafichanta". Les acteurs de la pièce reprennent ainsi quelqu'unes de ses célèbres chansons comme "Eddagaza" (الدقازة en arabe) ou encore "Habbouni wetdallalt" (حبوني وتدللت en arabe).

Les danseuses, jouées par Guissela Nafti et Mariem Sayyeh, donnent aussi le rythme et chauffent la salle entre deux disputes. Entre celle incarnant les us de la danse populaire tunisienne et celle porteuse des nouvelles influences orientales, la rivalité est intense; les deux femmes se battent pour un homme, Sadok, pour le poste à la "Cafichanta" et pour un monde.

"El Maghroum Ejaded" est une est immersion dans un mode révolu, qui renvoie au présent à bien des égards.

Les prochaines dates de la présentation de la pièce "El Maghroum Ejjaded" seront les 17 et 24 février à la salle Le Rio.

Source: huffpostmaghreb.com

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